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La Technologie en 6ème

A la conquête du Pacifique. C'est parti! «Même pas peur!».

Par YVONNE BETANT, publié le dimanche 3 mai 2015 09:46 - Mis à jour le lundi 1 juin 2015 17:24

Dernières nouvelles, ce lundi 1er juin: Nagoya, Japon

Après 40 heures de vol (un record pour un avion "solaire"), atterrissage "forcé" à 14 heures 30, heure française, au Japon, suite à la détérioration de la météo sur la route vers Hawaï.

Solar Impulse a décollé ce samedi 30 mai, de Nanking en Chine pour son long et périlleux périple au dessus du Pacifique.

Solar Impulse, les informations en direct:

Suivre , en direct, SolarImpulse au-dessus du Pacifique, et Solar Impulse, le site officiel

 

A la conquête du Pacifique. «Même pas peur!» ou ... Un exploit humain, technologique et opérationnel.

 

 

d'après un article du quotidien suisse « 24 heures ».

«Je vais faire le vol d’une vie, un vol unique, celui qui marque une carrière», lance André Borschberg, ancien pilote d’avion de chasse et d’hélicoptère. « On n’a pas souvent l’occasion de faire quelque chose de nouveau après cent dix ans d’histoire de l’aviation».

C’est pourtant bien ce qui passe aujourd'hui: aux commandes de Solar Impulse pour la 7ème étape du tour du monde de l’avion solaire, la plus longue, André va relier Nankin (Chine) à l’aéroport de Kalaeloa, sur l’île d’Honolulu (Hawaï / Etats Unis) : 8500 kilomètres dans un géant solaire qui avance à la vitesse d’une trottinette, qui ne peut pas s’incliner, qui est trop léger pour aller contre les vents et dont le pilotage n’a rien à voir avec celui d’un « zinc »** classique.

Le départ devrait être donné début mai. C'est le samedi 30 mai  mais que l'équipe a enfin trouvé la fenêtre météo idéale pour survoler l’océan, 5 jours et 5 nuits durant (au moins!).

«Il y a un minimum d’appréhension, explique André, c’est de se demander si on a pensé à tout, étudié tous les scénarios. On n’a encore jamais pu voler aussi longtemps dans cet avion, alors c’est l’inconnu. Je dirais que c’est stimulant, ce n’est pas une peur qui bloque. Et cela fait douze ans que j’attends ce moment!»

Un challenge humain

Bloqué au minimum 5 jours et 5 nuits dans un cockpit, son occupant va se retrouver à l’étroit. «Cela va être un voyage intérieur. Ce qui est intéressant, ce sera de voir comment on peut vivre 5 jours, 6 jours ou davantage, dans un habitacle de ce type-là.»

Dans la cabine non pressurisée, le pilote va subir des chutes de température jusqu’à – 40 °C quand l’avion monte à plus de 8000 mètres en journée (hauteur de l'Everest). Masque à oxygène et relaxation en haute altitude. Sommeil intermittent et yoga en basse altitude, exercices de respiration pour réguler la température corporelle, exercices de posture pour améliorer la circulation . Le pilote pourra s'offrir des tranches de sommeil de 20 minutes au maximum. Un réveil «évitera que je sombre dans un sommeil profond de plusieurs heures», dit le pionnier.

Un challenge technologique

Les techniciens se sont longuement affairés autour de l’oiseau solaire, à Nankin. «Au niveau des équipements électroniques, il y a peu de tests à faire. C’est surtout sur la mécanique qu’on effectue des contrôles, il faut vérifier que toutes les parties sont en intactes, que l’entoilage reste bien collé, qu’il n’y a pas de jeu supplémentaire.» Un «copilote virtuel» évalue en permanence l’inclinaison de l’avion (qui ne doit pas dépasser 5 degrés) et peut réveiller le pilote à l’aide de brassards vibrants.

Un challenge opérationnel

«Un seul homme en l’air et 150 personnes au sol», répète Bertrand Piccard, l’autre pilote de l’avion solaire. L’équipe au sol se compose de plusieurs dizaines de personnes, dont l’équipage au sol chargé de préparer l’avion et de transporter le hangar mobile. Le géant ultraléger sera suivi quasi en permanence par le Centre de contrôle de Monaco. «Il y aura un bulletin météo complet chaque jour, susceptible de modifier la trajectoire.» La couverture satellitaire a quelques zones d’ombre sur le Pacifique… «Tant mieux, au moins j’aurai la paix un moment!» lance le pilote avec un large sourire. Il n’empêche, «on ressent tous de l’appréhension», confie Anne-Christine Perren, l’assistante d’André Borschberg.

 

Et si l’avion devait sombrer?

«Le pilote est équipé d’un parachute et d’un bateau gonflable de survie, une balise et un téléphone satellitaire», explique le responsable de l’équipement. En pareil cas, le naufragé devra peut-être attendre son sauvetage deux ou trois jours, une grande partie du Pacifique étant hors de portée des hélicoptères.

 

** : un « zinc » : ce mot désigne souvent un avion. Les premiers avions métalliques, pour les protéger de la corrosion (= de la « rouille ») étaient recouverts de chromate de zinc avant la peinture de finition. Ils volaient parfois des années avant de recevoir la couche de peinture finale. D'où l'expression : un « zinc », pour désigner un avion.

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